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Ce que nous avons changé dans le classement

Un audit extérieur a testé notre palmarès national contre le monde réel, et non contre notre propre méthode. Il avait raison sur deux points, et les deux venaient de la même erreur. Un second, deux jours plus tard, s’est trompé sur la cause — et nous a fait trouver un défaut plus grave, chez nous. Voici ce qui a changé les 19 et 21 août 2026, et ce qui ne va toujours pas.

3 septembre : la note de qualité de vie était aux deux tiers une note d’accès

Elle reposait sur six critères, et quatre d’entre eux mesuraient la proximité : l’accès aux commerces, à la vie culturelle, au grand espace naturel, et ce qu’on atteint à pied. La sécurité pesait un sixième, les écoles un sixième, et la santé, le calme, la nature et la desserte pesaient zéro — alors que notre moteur les calcule tous et les affiche sur chaque fiche.

Le symptôme se mesure. Sur les 26 048 communes classées à cette date, la corrélation de rang entre notre note et chaque dimension absente valait : santé +0,30, desserte +0,20, nature +0,05, climat −0,00, et calme −0,10. Ce dernier chiffre n’est pas une curiosité : tout ce que la note mesurait croît avec la densité, donc elle récompensait légèrement le bruit. Une note bâtie sur quatre mesures d’accès ne pouvait pas faire autrement.

Ajouter les critères manquants à plat n’aurait corrigé qu’à moitié — l’accès aurait encore pesé quatre dixièmes. La note compte désormais par famille, chacune une fois : sécurité, écoles, santé, accès au quotidien, environnement (calme et nature), mobilité. L’accès passe de 67 % du poids à 17 %. C’est la structure de l’EIU Global Liveability Index, de Mercer, du Better Life Index de l’OCDE et de Villes et Villages où il fait bon vivre.

Le climat reste dehors, et c’est une décision. Il est pourtant la dimension la plus indépendante de notre note. Mais « moins de jours à 30 °C » est une préférence, pas une qualité : on la propose en filtre et en lentille, on ne la fait pas peser sur tout le monde. Même raisonnement que le relief.

Ce que ça change. Tous les rangs ont bougé. Ceyreste (Bouches-du-Rhône), une commune littorale de 4 863 habitants, passe de 39,6 à 54,9 et du 14 724e au 5 589e village de France : forêt, eau, urgences, médecins et desserte y étaient déjà mesurés, la note ne les regardait pas. Le nombre de communes classées passe de 25 952 à 26 081, parce que l’éligibilité se juge maintenant par dimension : une commune sans mesure de pharmacie garde une famille « santé » que l’APL et les urgences mesurent parfaitement.

Ce qui reste faux. Le calme s’appuie sur les cartes de bruit réglementaires, qui ne couvrent que les grandes infrastructures : une commune calme au sens de ces cartes peut être bruyante pour une autre raison. Et la note ne dit toujours rien du logement social, des lieux de culte ni de l’étiquette du maire — trois choses que nous refusons de mesurer, et qui pèsent pourtant dans un choix de vie.

31 août : la sécurité change de définition, et le budget de colonne

Six corrections le même jour, toutes venues d’un audit du moteur. Elles changent des classements : les voici avant qu’on nous les signale.

La voie publique entre dans la note de sécurité. Le mot recouvre deux choses — ce qui arrive chez soi, ce qui arrive dehors — et nous n’en mesurions qu’une, les cambriolages. Les violences aux personnes et les vols étaient affichés sur la fiche et absents du score. Ils y entrent, moyennés avec les cambriolages plutôt qu’ajoutés : les deux mesures sont complémentaires (corrélation de rangs +0,40), les moyenner ajoute de l’information au lieu de compter la sécurité deux fois. Le prix est écrit : le dénominateur de la voie publique est une population présente estimée, dont les coefficients sont un ordre de grandeur, pas une calibration.

Nous ne jetons plus la mesure des petites communes. Un plancher écartait tout taux calculé sur moins de 230 résidences principales : 17 758 communes dont la mesure existe étaient déclarées non mesurées, et recevaient alors la valeur médiane. Une commune réellement mesurée à un mauvais niveau passait donc derrière une commune non mesurée : ne pas être mesuré était devenu un avantage, pour 8 478 communes. Le taux est désormais servi tel quel. Couverture : 47,6 % → 99,9 %.

Le filtre budget lit le marché que vous avez demandé. Il ne portait qu’une colonne, le prix d’achat d’une maison, alors que l’écran propose quatre marchés. Un plafond de loyer filtrait donc sur des prix d’achat — deux mesures dont les rangs ne coïncident pas : 21 % des communes s’en écartent de plus de 25 points. Pire, une recherche de location écartait 12 137 communes faute d’un prix d’achat dont elle n’avait aucun besoin, dont les 1 605 communes d’Alsace-Moselle où ce prix n’existe pas (droit local : les ventes ne remontent pas à la base nationale). Après correction : 17.

Un filtre posé ne certifie que ce qui est mesuré. Nos filtres ne traitaient pas l’absence de la même façon : la sécurité et le brevet écartaient une commune sans donnée, le budget la gardait. Un résultat « ≤ 2 000 €/m² » pouvait donc contenir des communes dont personne ne connaît le prix. Règle unique désormais — et le nombre d’écartées s’affiche, parce qu’une exclusion décidée par l’absence prend une décision que vous n’avez pas prise. Le lycée garde son exception, dite : un lycée n’est pas sectorisé, une commune sans lycée n’est pas une commune sans accès au lycée.

Le rang devient une plage, en France entière aussi. Un classement dont vous choisissez les poids n’a pas de rang exact : il a un intervalle. Nous le calculions depuis longtemps à l’échelle d’une région et pas du pays. C’est corrigé : 500 jeux de poids sont tirés autour des vôtres, et la plage obtenue est large — la dixième commune d’une recherche type est « 4ᵉ à 160ᵉ ». C’est le fait : sur 34 875 communes, un rang exact n’existe pas.

Nommer les pires communes demande une assise. Sans garde-fou, les soixante dernières de France avaient une population médiane de 58 habitants, et la pire était un village de 56 habitants avec moins de cinq cambriolages en trois ans. Un seul fait de plus y déplace la note de sécurité de la moitié de l’échelle. Les communes de moins de 500 habitants ne sont donc plus nommées dans ce sens du classement — elles restent classées dans l’autre. La pire de France devient une ville de 6 355 habitants, et c’est la même qu’avec un plancher quatre fois plus haut.

26 août : les palmarès passent enfin à l’accès

Le 19 août, nous avons remplacé la densité d’équipements par habitant par une mesure d’accès — à quelle distance réunit-on de quoi vivre — et nous l’avons écrit sur la page de méthode. Nos propres palmarès ne l’utilisaient pas. Ils ont continué pendant une semaine à classer les commerces et la vie culturelle sur le ratio que cette même page déclare ne jamais employer, et six autres écrans du site faisaient de même.

Tout est passé à l’accès le 26 août : le classement personnalisé, la fiche, le comparateur, « faut-il partir ? », les portraits de commune et les 483 palmarès. L’ordre de ces derniers change réellement — mesuré sur la Haute-Garonne : 363 communes sur 586 bougent de plus de 30 points de percentile, l’écart médian est de 39 points.

Ce sont les très petites communes qui descendent, et c’est le but : une épicerie pour 43 habitants faisait une densité énorme et un accès réel médiocre. Fos (248 habitants) passe du 95e au dernier percentile sur les commerces. À l’inverse, les villes remontent : Toulouse passe de 0 à 100 sur l’accès à la culture.

Si vous aviez mis en favori un palmarès, son ordre a donc changé. Nous préférons le dire : un classement qui se réordonne sans explication ne vaut pas mieux que celui qu’il remplace.

Le palier du trajet ne suit plus votre tolérance (28 août)

Un trajet valait la note maximale jusqu’à 60 % du plafond que vous aviez réglé. Régler 120 minutes plaçait donc le palier à 72 minutes : mesuré depuis Romainville, à cinq jours sur place, 93 des 435 communes retenues se retrouvaient à égalité parfaite — douze heures de vie par semaine notées exactement pareil. Élargir sa tolérance, qu’on croit n’ouvrir qu’une porte plus grand, effaçait en réalité les écarts entre les communes les plus proches.

Le palier vaut désormais le plus petit de trente minutes et de 60 % du plafond. Les tolérances serrées ne bougent pas ; les larges cessent de s’aplatir. Sur le même jeu, les 93 ex æquo tombent à 6 : une commune à 40 minutes passe de 100 à 89, une à 70 minutes de 100 à 56. Nous gardons un palier, parce que sous une demi-heure dix minutes de plus ne valent pas de perdre une école.

C’est un changement de méthode, pas un correctif : les vecteurs publiés qui permettent de réimplémenter notre calcul passent en SPEC-METHODE-v1.1.

La portée se lit désormais sur 100 (27 août)

La portée d’accès est produite entre 0 et 1, et nous l’affichions ainsi, à une décimale. Cela ne laissait que onze paliers pour 34 894 communes : la moitié de la France lisait le même « 0,3 », alors que la mesure distingue 766 valeurs. Le constructeur de palmarès, lui, ne pouvait plus rien départager — 409 communes se retrouvaient à égalité en tête de sa page d’accueil.

Nous affichons donc la même mesure sur 100 : 26,6 au lieu de 0,3. Rien n’a changé dans le calcul, ni dans les scores, ni dans les percentiles — seul le nombre écrit à l’écran gagne les décimales qu’il avait perdues à l’arrondi.

Une seule cause, deux mensonges opposés

Tout se divisait par la population résidente. Sur les équipements, ça couronnait les communes qui se vident : un bourg-centre dépeuplé concentre au numérateur les commerces d’un bassin entier, et ne compte au dénominateur que ses propres habitants. Sur la délinquance, ça condamnait les villes où les gens vont : les visiteurs commettent et subissent des faits sans jamais figurer au dénominateur.

Les deux extrémités de notre classement étaient donc le même biais, pris par ses deux bouts. Brest, avec 184 commerces, sortait au 5e percentile national ; Coltines, 427 habitants et un commerce, au 95e.

Ce que le classement disait, ce qu’il dit

Condat (933 hab, urgences à 38,5 km)1er de France → 3 362e
Celles (217 hab, 0 % d’actifs sur place)4e de France → non classée
Trizac (446 hab)top 12 → 16 077e
Murat (1 770 hab, 7 commerces sur place)top 12 → 69e
Brest (142 346 hab)5e percentile commerces → accès maximal
Biarritz (26 206 hab)absente de la page → 289e sur 883

Neuf des vingt premiers villages de France venaient du seul Cantal. Il n’y en a plus que deux, et aucun département ne dépasse ce chiffre. Murat, qui est un vrai bourg, monte : la correction ne punit pas les communes qui ont réellement des services, elle cesse de couronner celles qui n’en ont que le ratio.

Ce qui remplace quoi

Les équipements ne sont plus comptés par habitant. On mesure l’accès : à quelle distance réunit-on de quoi vivre, et combien y en a-t-il à portée de marche. Aucune population au dénominateur.

La sécurité de la note, ce sont les cambriolages pour 1 000 résidences principales — le fait qui arrive chez vous. Les atteintes aux personnes et les vols de voie publique sont désormais rapportés à une population présente estimée, affichés et filtrables, mais ils n’entrent plus dans la note.

Les résultats du brevet comptent autant que le reste. Ils étaient un bonus, au motif d’une couverture annoncée à 10 % — chiffre faux, la vraie couverture est de 95 %. Ce statut amortissait les mauvais résultats scolaires.

Il n’y a plus de seuil brutal à 10 000 ni 50 000 habitants dans le calcul : chaque commune est comparée à celles dont la population va du tiers au triple de la sienne. Les trois listes restent, pour publier — mais 9 999 et 10 001 habitants ont désormais les mêmes pairs.

Comment nous vérifions que ce n’est plus un artefact

Dix tests doivent passer avant toute republication. Ils ne vérifient pas que le code fait ce qu’on lui a dit — c’était déjà le cas quand le classement mentait — mais que ce qu’on lui a dit correspond au monde. Deux d’entre eux mesurent une corrélation que personne ne publie :

Ces liaisons sont faibles. Elles ont le bon signe, et c’est la première fois que nous le savons.

Ce que nous avons changé le 21 août : notre propre plafond

Un second audit extérieur a signalé que trop de nos percentiles valaient exactement 50 chez les grandes villes, et y a vu des « valeurs de remplissage ». Il n’y en avait aucune. Mais en cherchant la cause, nous en avons trouvé une pire que celle qu’il décrivait, et elle était de nous.

Avant de classer les communes, nous écrasions les valeurs extrêmes aux 2e et 98e centiles — une précaution héritée de nos débuts. Or ces plafonds se calculent sur la France entière, donc sur une distribution faite à 71 % de villages, puis s’appliquaient à l’intérieur d’une bande de villes où la majorité les dépasse déjà. Résultat :

Bayonne, accès aux médecins432 de ses 522 pairs écrasés au même plafond : 57e percentile94e
Paris, meilleur collègele meilleur de France (16,5/20 — la fiche de Paris affiche 11,4/20, qui est la moyenne pondérée de TOUS ses collèges publics : deux mesures, deux objets), plafond à 13,0 : 50e percentile100e

La correction tient en une ligne : un percentile est un rang, et un rang est déjà insensible aux valeurs extrêmes. Écraser avant de ranger ne protégeait rien et détruisait de l’information — c’est d’ailleurs la règle du manuel de référence des indices composites (OCDE), où cette précaution ne vaut que pour les moyennes de valeurs, jamais pour les rangs. 2 055 notes changent (7,9 % des communes classées) et 254 changent de lettre ; les villages bougent à peine (écart médian : 0,1 point), les villes remontent — Bayonne passe de 69,0 à 82,1. Aucune commune n’entre ni ne sort du classement.

Ce que l’auditeur a vu, et ce qu’il n’a pas vu. Son constat — « trop de 50 » — était juste. Son explication — des données manquantes remplacées par la médiane — était fausse : nous ne remplaçons jamais une donnée absente, une commune sans mesure n’est pas classée. Nous publions les deux, parce que la seconde moitié compte autant que la première : le symptôme qu’il a nommé venait d’un endroit qu’il n’a pas regardé, et que nous n’avions jamais regardé non plus.

Ce que nous avons changé le soir du 19 août

Deux corrections de plus, le 19 août au soir. Elles ne réparent pas une erreur de calcul : elles réparent deux endroits où le classement mesurait autre chose que ce qu’il annonçait.

Un sixième pilier : la marche. Sur les 120 communes de plus de 50 000 habitants, les trois mesures d’accès avaient un écart-type de zéro — toutes la même valeur, exactement. Ce n’était pas un pilier faible, c’était une constante qui occupait trois cinquièmes du poids sans départager personne. Nous avons ajouté la distance réelle à pied vers sept familles d’équipements, qui va de 40 à 99 dans cette même strate. Nous n’avons rien retiré : par taille de commune, l’accès meurt en ville quand la marche meurt au village — 28,8 % des communes de moins de 2 000 habitants n’ont rien à 2,4 km à pied. Les deux sont complémentaires, pas interchangeables.

Avant de l’ajouter, nous avons vérifié qu’il ne s’agissait pas d’un classement social déguisé : la marche est corrélée au revenu médian à +0,010, soit zéro pour cent de variance partagée, contre +0,224 pour la mesure d’accès. Dans les villes moyennes, la corrélation devient même négative : on ne marche pas le plus là où l’on est le plus riche.

Les écoles : le collège de secteur, plus celui qu’on héberge. La fiche d’une commune affichait déjà la note du collège où vont réellement ses enfants ; le classement, lui, notait le collège situé sur la commune — deux nombres pour la même notion. Le second ne couvrait que 95 % des communes, le premier 99,9 %. Effet le plus visible : Paris entre au classement, dont elle était absente parce que ses collèges sont rattachés à ses arrondissements et non à la commune. Le nombre de communes classées passe de 24 741 à 25 935.

Ce qui reste faux

Le risque de cambriolage est sur-estimé dans les communes très touristiques. La source ne sépare pas les cambriolages de résidences principales et secondaires : nous divisons par les seules résidences principales, donc nous sur-estimons — jamais nous ne flattons.

Il manque encore ce qui sépare deux métropoles. La marche a réparé la saturation de l’accès, mais l’isolement, le marché du travail et la qualité de l’offre — et non sa seule présence — restent hors du classement.

Le brevet reste en partie une mesure sociale. Chez les communes urbaines, il partage 34 % de sa variance avec le revenu médian. Nous le gardons parce qu’à l’échelle nationale 95 % de ce qu’il dit, le revenu ne le dit pas — mais c’est aujourd’hui le seul de nos six piliers dont on puisse dire cela.

Nous avons d’abord remplacé un artefact par un autre. En rapportant les cambriolages à tous les logements, quatre stations de ski sont montées sur le podium : Châtel, avec 89 % de résidences secondaires, affichait 0,5 cambriolage pour 1 000 logements contre 10,2 à Marseille. C’est un de nos dix tests qui l’a attrapé, avant publication.

Sources : SSMSI (délinquance), INSEE (base permanente des équipements 2025, recensement du logement), Éducation nationale (brevet). Notre méthode · Comment nous vérifions · le classement