oo
Mon classement Partager

Comment nous vérifions que notre classement ne ment pas

Le 19 août 2026, notre classement national passait tous ses tests automatiques — et plaçait un village de 933 habitants premier de France tout en faisant disparaître Biarritz. Un logiciel qui se vérifie contre lui-même peut être parfaitement cohérent et parfaitement faux. Voici ce que nous avons mis en place pour que ça ne recommence pas.

La différence entre « le code fait ce qu’on lui a dit » et « ce qu’on lui a dit est vrai »

Nos tests habituels vérifient la première chose. Ils passaient tous ce matin-là. Ceux qui suivent vérifient la seconde : ils confrontent le classement à des communes dont on sait ce qu’elles valent, et à des faits mesurables sur toute la France. Aucun classement n’est republié tant qu’un seul de ces contrôles échoue.

Les sept contrôles sur des communes choisies, et ce qu’ils donnent aujourd’hui

Aucun département ne truste le podium2 communes au maximum dans les 20 premiers villages (il y en avait 9 du seul Cantal)
Les coquilles sortent du classementCelles, 217 habitants et aucun actif travaillant sur place, n’est plus classée (elle était 4e de France)
Les vrais bourgs sont récompensésMurat, 1 770 habitants et 7 commerces sur place : 69e
Un bourg qui se vide est classé sans être au sommetCondat : 3 362e sur ~24 000 villages
Une métropole n’est pas pénalisée par sa tailleBrest : accès maximal aux commerces (elle était au 5e percentile national)
Une ville touristique n’est pas effacéeBiarritz : 289e sur 883 villes moyennes (elle n’apparaissait nulle part)
Une commune sans commerce mais desservie n’est pas en queueMédan : accès 0,79 malgré aucun commerce en propre

Les trois contrôles que personne d’autre ne publie

Les précédents portent sur des communes choisies. Ceux-ci portent sur la France entière, et ils peuvent nous contredire :

Le classement aime-t-il les communes qui se vident ?−0,03 entre la note et le taux de logements vacants, sur 14 362 communes. Le signe doit être négatif : il l’est.
Va-t-il là où les gens s’installent ?+0,11 entre la note et le solde migratoire, sur 25 960 communes. Le signe doit être positif : il l’est.
Et en tête du classement ?Les 100 premières communes ont 8,0 % de logements vides en médiane, contre 7,0 % pour la France. 12 d’entre elles dépassent 15 %. Ce contrôle-là, nous le ratons.

Pourquoi nous publions un contrôle que nous ratons. Depuis que la marche est un pilier, le classement récompense les bourgs-centres équipés — or ce sont souvent ceux qui se vident. Château-Chinon est 30e de France avec un quart de son parc vacant, et la mesure ne ment pas : tout y est réellement à pied. Nous avons choisi de l’écrire sur la fiche plutôt que de corriger la note, parce que la vacance n’est connue que sur 43 % des communes : en faire une pénalité noterait différemment deux communes identiques selon que l’INSEE publie ou non leur taux — une inégalité due au secret statistique, pas au territoire. Les fiches concernées portent donc la phrase : « tout est à portée de marche, mais X % des logements sont vides ».

Ces liaisons sont faibles, et nous ne les présentons pas autrement. Une note de qualité de vie n’a pas à prédire les migrations — les gens déménagent pour un travail, une famille, un prix. Mais si notre classement était systématiquement opposé à ce que font les Français, il faudrait le reprendre. Ce n’est pas le cas, et c’est désormais mesuré à chaque reconstruction du site.

Ce que ces contrôles ne garantissent pas

Ils attrapent les artefacts grossiers, pas les erreurs fines. Ils n’ont rien dit, par exemple, de la saturation de nos critères d’accès dans les grandes villes — les 120 communes de plus de 50 000 habitants y avaient rigoureusement la même valeur — que nous avons corrigée en ajoutant la marche, ni du fait que les résultats au brevet y sont pour un tiers du revenu, qui reste vrai à ce jour. Un contrôle d’ensemble peut passer sur un classement dont la tête est biaisée : c’est précisément ce que montre la troisième ligne du tableau ci-dessus.

Et un contrôle qui échoue pour une bonne raison se corrige — mais en écrivant pourquoi. Jamais en écartant une commune gênante : notre premier correctif avait remplacé neuf communes du Cantal par quatre stations de ski, et c’est l’un de ces contrôles qui l’a attrapé avant publication.

Contrôles rejoués à chaque reconstruction du site. Ce que nous avons changé le 19 août · Notre méthode