Ce que nous classons, et ce que nous refusons de classer
Nous classons des collèges, des lycées et des écoles. C’est utile et c’est risqué : aux États-Unis, le même montage — un site immobilier adossé à des notes d’école — a fini par déplacer des familles selon des notes qui décrivaient surtout le milieu social des élèves. Voici les règles que nous nous imposons, et les mesures qui les motivent.
Ce que la note brute mesure vraiment
Mesuré sur nos propres fichiers, sur 6 857 collèges : la note au brevet suit l’indice de position sociale des élèves (IPS) à r = 0,81. Autrement dit, quatre cinquièmes de ce qui sépare deux collèges sur cette note se lisent déjà dans le public qu’ils accueillent.
La valeur ajoutée — l’écart entre la note obtenue et celle qu’on attendait vu ce public — ne suit plus l’IPS : r = 0,02 sur 6 203 collèges. C’est la seule des deux mesures qui parle de l’établissement plutôt que de son recrutement.
Nos six règles
- L’indice social est toujours affiché à côté de la note. Sur chaque fiche d’établissement, et comparé au bon groupe : un collège public face aux collèges publics de France, un privé face aux privés.
- L’écart au résultat attendu est un critère de tri, à un clic, sur la même liste. Il n’est pas le tri par défaut : il n’est publié que pour 82 % des collèges, et un critère prioritaire sans mesure écarte l’établissement de la liste.
- La valeur ajoutée n’entre dans aucune note de commune. Elle informe, elle ne classe pas un territoire.
- On ne filtre jamais des communes par note d’école. C’est le geste que Realtor.com a fini par interdire chez lui ; il n’existe pas ici.
- La note d’écoles d’une commune est celle du collège public qui la dessert — celui de secteur, ou la moyenne des secteurs quand il y en a plusieurs. Pas le meilleur établissement des environs : c’est ce qu’une famille obtient sans choisir.
- Chaque chiffre porte sa source et son millésime, y compris les nôtres quand ils sont plus fragiles qu’ils n’en ont l’air.
Ce que nous ne ferons pas
Pas de note unique d’établissement qui résumerait tout en une lettre sans dire ce qu’elle contient. Pas de classement d’écoles primaires : la France ne publie aucun résultat à cette échelle, et inventer un palmarès à partir d’effectifs et de dispositifs serait un faux. Pas de filtre immobilier par note d’école.
Ce que font les autres, et ce qu’on leur emprunte
- GOV.UK met en tête « Progress 8 », sa mesure de valeur ajoutée, plutôt que les résultats bruts. Nous rendons la nôtre triable pour la même raison.
- My School (Australie) compare chaque établissement à ceux dont le profil social est le plus proche, et écrit qu’il n’y a pas de palmarès sur le site. Nos fiches collège reprennent cette comparaison à profil comparable.
- franceinfo explique publiquement pourquoi il ne publie pas de classement, et propose à la place un moteur où le lecteur pondère lui-même les indicateurs. C’est exactement ce que fait « Trouver une école ».
- GreatSchools a refondu sa notation en 2020 pour donner plus de poids à la progression. C’est le précédent qui nous a fait écrire cette page.
Si vous pensez que nous avons tort
Ces règles sont des choix, pas des évidences : un critère qui n’existe pas pour un établissement sur cinq ne peut pas être le tri par défaut aujourd’hui, mais ça se discute. La critique de l’IVAC par le SNES-FSU — méthode opaque, avantage au privé sélectif — se discute aussi, et nous l’affichons ici plutôt que de l’ignorer. Écrivez-nous.